Toutes les traditions religieuses ont une sagesse.

Un patrimoine à partager pour élargir notre regard.

 

 

Prière Africaine


Nous avons besoin de
paix


Dieu tout puissant,

Toi la grand main dont nous ne pouvons échapper
Toi l'orage grondant qui fait plier les arbres puissants
Toi le Seigneur qui voit tout, qui distingue d'en haut les
empreintes de l'antilope sur le rocher,
Tu n'hésites jamais à répondre à notre appel.
Tu es la pierre d'angle de la paix.
Notre monde est voué à la paix,
et nous sommes entourés de guerres et de disputes incessantes.
Nous avons besoin de paix...
Aussi nous prions pour la paix dans le monde.
Accorde la paix à l'Afrique.
Accorde la paix à chacun,à chaque maison, à chaque famille.
Etends la paix aux bouts du monde.

 

"Pour la première fois dans l'Histoire, les Eglises chrétiennes et les religions du monde se sont rassemblées de toutes parts (...) afin de témoigner, devant le monde, et chacune suivant ses propres convictions, de la nature transcendante de la paix." Avec ces mots, Jean-Paul II ouvrit la Journée mondiale de Prière pour la Paix du 27 octobre 1986 à Assise,où tant de prières furent rassemblées.
Celle-ci jaillie d'Afrique reflète l'appel d'un continent martyr, dont les maux si nombreux ne parviennent pas à tarir la source de vitalité, de sagesse et de beauté offerte à tous les hommes.

(Source: Revue Prier)

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Prière Vietnamienne

 

Tu es le Très Haut Céleste !

Roi du soleil, de la lune et des étoiles,
Tu inspires et soutiens depuis toujours toutes les religions.
Maître de tous les saints, génies, immortels et bouddhas,
Tu en es le Père majestueux, grand et silencieux.
Se transformant à l’infini,
Tu transmets rapidement
ton précieux enseignement pour éveiller les hommes.
Large Puissance Divine, qui, compatissante,
prodigue de saints poèmes pour instruire ces derniers.
Grande Autorité, Grand Amour, Sans limite, Grand Saint, Grand Vœu, Grande Création, Grande Pitié,
Empereur de Jade qui donne le bonheur et gracie les péchés,
Tu es le Très Haut Céleste !

Ce magnifique "Cantique à la gloire de Dieu" provient du rituel caodaïste. Né au Viêt-Nam dans les années 1920, ce culte syncrétique combine plusieurs éléments issus des différentes religions de la péninsule indochinoise : taoïsme, bouddhisme, confucianisme, catholicisme et même spiritisme (!) sont ainsi mis à profit. Troisième religion du Viêt-Nam par son nombre de fidèles, le caodaïsme valorise la prière, incite à la méditation et vise à libérer ses adeptes du cycle de réincarnations par l’éthique et la non-violence.

(Source: Revue Prier)

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Bouddhisme Tibétain

Oh Splendeur !

Oh Splendeur !
Merveilleux Bouddha de Lumière Infinie,
vous avez à votre droite le Seigneur de grande compassion,
à votre gauche le Bodhisattva aux Grands Pouvoirs,
et vous êtes encerclé par une foule illimitée
de Bouddhas et de Bodhisattvas.
Le bonheur et le bien-être
sont une infinie merveille en ce paradis
que l'on appelle "Grande Félicité".
Aussitôt après ma mort,
puissè-je y naître directement, sans autre renaissance
et y voir votre visage de Lumière Infinie.
Bouddhas et Bodhisattvas des dix directions,
accordez votre grâce afin que les vœux ainsi formulés
s'accomplissent sans obstacle.

Cette prière est l’une des plus populaires du bouddhisme tibétain. Répétée chaque jour par grand nombre de pratiquants, elle constitue aussi l’un des leitmotives des cérémonies funéraires. En effet, elle a pour objet de créer un lien entre le fidèle ou un défunt et le célèbre Bouddha "Lumière infinie" (Amithaba) ; lien qui permettra aux premiers de ne pas se réincarner encore et encore dans le monde de la souffrance (le Samsara), mais de renaître dans ce "paradis" au nom parlant de "Grande Félicité". Là, vu la
proximité d’Amithaba et de nombreux autres "Etres d’Eveil" (ou Bodhisattvas, tel ce "Seigneur de grande compassion"), il est facile d’atteindre l’Eveil complet : l’état de Bouddha.

(Source: Revue Prier)

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Prière Indienne

La Terre est Sa joie... 

La Terre est Sa joie ! Sa joie est le Ciel,
sa joie est l'éclat du soleil et de la lune,
sa joie est Commencement.
Danse mon cœur, danse de joie aujourd'hui,
des chants d'amour emplissent de musique
les jours et les nuits.
Et le monde est attentif à leur mélodie.
Folles de joie, la vie et la mort dansent
au rythme de cette musique.
Les monts et les océans, et la Terre dansent.
Au milieu d'éclats de rire,
et de sanglots, l'humanité danse.
Pourquoi mettre une robe de moine
et vivre hors du monde,
dans une orgueilleuse solitude ?
Vois ! Mon cœur danse
dans la joie de la connaissance,
et le Créateur en est heureux.

Pour le chrétien, Noël est aussi la fête de la joie. Un thème spirituel également présent dans les autres religions, comme en témoigne ce chant d'allégresse mystique de Kabîr (1440-1518), l'un des plus grands poètes religieux de l'Inde. Les paroles de cet humble musulman sont empreintes de l'antique sagesse indienne, ce qui fait de son œuvre un patrimoine commun aux hindous, aux musulmans et aux sikhs. (Dieu et ses poètes, Pierre Haïat, DDB).

(Source: Revue Prier)

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Prière Amérindienne

Le Grand Mystère du silence

Le silence est l’équilibre absolu du corps, de l’esprit et de l’âme.
L’homme qui préserve l’unité de son être
reste à jamais calme et inébranlable devant
les tempêtes de l’existence.
Pas une feuille qui bouge sur l’arbre, pas
une ride à la surface étincelante du lac,
voilà aux yeux du sage —fût-il illettré—
l’attitude idéale et la meilleure conduite de vie.
Si vous lui demandez : "Qu’est-ce que le silence ?"
Il répondra : "C’est le Grand Mystère!
Le silence sacré est sa voix !"
Si vous lui demandez :
"Quels sont les fruits du silence ?"
Il dira : "C’est la maîtrise de soi,
le courage vrai et l’endurance,
la patience, la dignité et le respect.
Le silence est la pierre d’angle du caractère."

Trace de la sagesse ancestrale des Amérindiens, ce texte (in L’Ame de l’Indien, Pocket) a pour auteur l’un de ses principaux hérauts contemporains : Ohiyesa (1858-1939), également connu sous le nom de baptême de Charles A. Eastman. Né dans le Minnesota (Etats-Unis) au sein d’une tribu Sioux, il fut peut-être le premier —et l’un des seuls— à recevoir à la fois une éducation traditionnelle indienne et une formation occidentale de haut niveau. Médecin mais aussi essayiste et conteur, il consacra sa vie à témoigner de la spiritualité de son peuple, victime d’un véritable génocide.

(Source: Revue Prier)

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Prière Musulmane

L'appel de l'amour

A chaque instant retentit de tous
côtésl'appel de l'amour :
nous allons vers le ciel,
qui désire venir avec nous ?
Nous avons été au ciel,
nous avons été les amis des
angeset tous nous y retournerons,
car c'est là notre patrie.
(...)
Comme les oiseaux de mer,
les hommes viennent de l'océan, l'océan de l'âme.
Comment, né de cette mer,
l'oiseau ferait-il ici-bas sa demeure ?
(...)
C'est le temps de l'union et de la vision,
c'est le temps de la résurrection et de l'éternité ;
c'est le temps de la grâce et de la faveur,
c'est l'océan de la pureté parfaite.
Le trésor des dons est advenu,
l'éclat de la mer s'est manifesté,
l'aurore de la bénédiction s'est levée.
L'aurore ? Non, la lumière de Dieu.

 

Avec cette Ode Mystique (Ed. Klincksieck), Rûmî (1207-1273) nous révèle la prégnance dans l’islam des thèmes de la résurrection et de l’union de l’âme à Dieu. Seul le mystique peut connaître cette union dès ici-bas, explique ce poète et maître soufi qui fonda la confrérie des "Derviches tourneurs". Mais tout homme est appelé à goûter "cette union et cette vision" une fois "brisé le vaisseau du corps" mortel.

(Source: Revue Prier)

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Prière Juive


Dieu de nos pères

Béni sois-tu,
Eternel, notre Dieu,
et Dieu de nos pères,
Dieu grand, vaillant et terrible,
Dieu Très-Haut,
récompensant par tes grâces bonnes,
et possédant tout,
et se souvenant des grâces des pères,
et apportant un rédempteur
aux enfants de leurs enfants,
pour ton nom, avec amour.
Roi aidant et délivrant et défendant,
béni sois-tu, Eternel, défenseur d'Abraham,
tu es, Seigneur, vaillant à jamais.

Avec ces premières lignes du "Schémone Ezre" ou "Prière des dix-huit bénédictions" se révèle dans la foi juive la centralité du thème de la transmission de générations en générations. Dite chaque jour à la synagogue pour l'office du matin, cette célèbre prière (extraite de Prières juives, Ed. Jacqueline Renard) est attribuée aux "Sages de la Grande Synagogue" et à leurs successeurs de l'époque du second Temple de
Jérusalem.

(Source: Revue Prier)

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Prière Bouddhiste

 

Hommage à Toi, Sagesse !

Hommage à Toi, ô inconcevable et immense perfection de la Sagesse ! (...)

Exempte de discours et de désignations, Tu es immaculée comme l’espace et qui Te voit en vérité voit le Bouddha. (...)

De tous les héros qui se sont consacrés au bien d’autrui,

Tu es la nourricière, la génitrice, la tendre mère.

Comme les Bouddhas compatissants sont tes fils,

Tu es, ô vertueuse, la grand-mère de tous les êtres. (...)

Oh ! tu es étonnante, profonde et glorieuse. Très difficile à connaître (...)

Tu es l’unique chemin de Salut,il n’y en a point d’autre, c’est certain. (...)

Qui serait capable de Te louer,Toi qui es sans marque et sans définition ?

Tu dépasses le domaine de la parole,Toi qui ne t’appuies nulle part.

Cet "hymne à la sagesse" est tiré du "Traité de la Grande Vertu de Sagesse" (Institut orientaliste, traduction Mgr E. Lamotte, Louvain), attribué au philosophe et "saint" indien, Nâgârjuna (Ier-IIe siècle ap. J.-C.). Il exalte cette vertu centrale dans le bouddhisme, en particulier du nord de l’Asie. La sagesse, ici personnifiée, est universellement "maternelle" à l’égard des Bouddhas et des êtres vivants, mais aussi transcendante, mystérieuse et "immaculée". Toutes choses qui ne vont pas sans rappeler ce que représente la Sainte Vierge pour les chrétiens.

 

(Revue Prier n° 262)


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Hymne Hindouiste

 

L'instrument de ton chant


Béni je suis si les Trois Mondes sont ta Flûte ! Je suis le vent qui y joue le souffle de tes lèvres. Quel mal y a-t-il vraiment si je meurs à chaque note ? Sous tes doigts je m'évertue à chanter le bien et le mal, à répandre plaisir et peine. Je suis l'aubade et la sérénade et le chant des nuits mortes, mais si cela te charme, je puis aussi chanter les sourires et les pluies de printemps. Si je suis l'instrument de ton chant, que puis-je désirer d'autre ? Quel mal y a-t-il vraiment si je meurs à chaque note ?

Ishân Jugi

Attribué à "Ishân Jugi, le tisserand", cette hymne à Krishna (tirée de "La voie du cœur" de Patrick Mandala, chez Chiron) se rattache à l'antique tradition des Bâüls du Bengale (Inde), dont le nom signifie "battus par les vents" de l'impulsion divine. Lien entre l'hindouisme dévotionnel (courant de la bhakti) et le soufisme musulman, ces bardes mystiques sont des "fous de Dieu". Errants anonymes, ils consacrent leur vie et leurs chants à chercher le Seigneur, l'unique Aimé au-delà de tout nom, faisant du corps humain Son temple. Leur spiritualité de l'amour et de la simplicité a inspiré l'immortel poète Rabindranath Tagore.

(Source : Revue Prier n° 263)

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Prière Musulmane

 

Bien Aimé

Bien Aimé,

tant de fois t’ai-je appelé, et tu ne m’as pas entendu !

Tant de fois me suis-je à toi montré, et tu ne m’as pas vu !

Tant de fois me suis-je fait douces effluves, et tu n’as pas senti,

nourriture savoureuse,et tu n’as pas goûté.

Pourquoi ne peux-tu m’atteindre à travers les objets que tu palpes ?

Ou me respirer à travers les senteurs ?

Pourquoi ne me vois-tu pas ?

Pourquoi ne m’entends-tu pas ?

Pourquoi ? Pourquoi ? Pourquoi ?

Bien Aimé, tu ne peux me traiter avec équité, car si tu te rapproches de moi,

c’est parce que je me suis rapproché de toi.

Je suis plus près de toi que toi-même, que ton âme, que ton souffle.

Ibn ul-‘Arabi

Dans ce texte (tiré de "l'Anthologie du Soufisme" d'Eva de Vitray-Meyerovitch, chez Sindbad), Dieu s'adresse à l'homme comme à son "bien aimé". S'affirmant comme la réalité même du monde et comme son Principe, le Seigneur y incite la plus noble de ses créatures à reconnaître partout Sa trace et à Le chercher sans cesse. Jusqu'à l'union mystique, raison d'être de toute la Création. Un appel caractéristique de l'expérience et de la doctrine spirituelles du soufi andalou Ibn Arabi (1165-1240), considéré en Islam comme le "plus grand des maîtres".

(Source: Revue Prier n° 264)

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Sagesse Soufie

 

Abraham et la mort


Abraham dit à l’Ange de la Mort qui  venait prendre possession de son souffle de vie : "As-tu jamais vu deux amis dont l’un fait mourir l’autre ?" Le Dieu Très-Haut lui répondit dans une révélation: "As-tu déjà vu quelqu’un qui aime éprouver de la répugnance à rencontrer son Bien-Aimé ?" Ange de la Mort, s’écria Abraham, prends ma vie à l’instant même.

Ghazâli

Ce texte, en forme de parabole, dit finement ce qui anime tous les mystiques (qu'ils soient musulmans, juifs ou chrétiens) : l'empressement à rencontrer le Bien-Aimé. Soif impérieuse de Dieu qui balaye toute peur de la mort. L'œuvre d'Al Ghazâli (1058-1111), l'auteur, est marquée par un effort de synthèse entre l'intuition des soufis, dont il fut l'un des représentants les plus autorisés, et la spéculation des théologiens. Lui-même fut un penseur de renom.

 

(Source: Revue Prier n°266)

 

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Sagesse bouddhiste

 

Devenir remède
Les mains jointes, je supplie les Bouddhas de tout l'univers d'allumer le Flambeau de la Loi pour les égarés qui tombent dans le gouffre de la douleur. (...)

Ayant accompli ces rites, par la vertu du mérite ainsi acquis, puissé-je devenir pour tous les êtres celui qui calme la douleur !

Puissé-je être pour les malades le remède, le médecin et l'infirmier, jusqu'à la disparition de la maladie. (...)

Pour calmer le supplice de la faim et de la soif, puissé-je devenir breuvage et nourriture !

Puissé-je être pour les pauvres un trésor inépuisable! (...)

Puissé-je être la lampe de ceux qui ont besoin de lampe, l'esclave de ceux qui ont besoin d'esclave.

Puissé-je être le Joyau qui exauce, (...) la Plante qui guérit, l'Arbre des souhaits.

Shantideva

"Grand Médecin", le Bouddha est venu proposer un chemin de "guérison" : reconnaître la réalité telle qu'elle est grâce à son enseignement, le Dharma ou "Loi". Et comme le montre cette prière tirée de La Marche à la lumière (Ed. Les Deux Océans) de l'Indien Shantideva (fin du VIIe siècle ap. J.-C.), l’"Etre d'Eveil" qui parcourt cette voie préfère renoncer à la paix du nirvâna pour aider à jamais tous ceux qui souffrent.

(Source :  revue Prier n°269)

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