* * CARREFOUR DU SILENCE * * Pour une communion interreligieuse

26 septembre 2016

ASSISE 2016 : " EN 1943, A 7 ANS, DEPORTE DANS LES CAMPS DE CONCENTRATION " PAR LE RABBIN BRODMAN

Le « courage du dialogue »

 

Rescapé des camps de la mort, le rabbin David Brodman a apporté son témoignage  lors de l’assemblée conclusive du rassemblement pour la paix d’Assise 2016, le 20 septembre.

« L’esprit d’Assise est le meilleur exemple d’humilité et de sainteté et c’est la réponse à la tragédie de la Shoah et de toutes les guerres », a-t-il affirmé.

Il appelle de ses vœux « le courage du dialogue, pour prévenir tout conflit et créer un monde humain où chacun pourra reconnaître en l’autre l’image de Dieu »

Voici la synthèse en français de son intervention publiée par Sant’Egidio.

AB

Intervention du rabbin Brodman

En 1943, j’étais un enfant de 7 ans, je fus déporté dans les camps de concentration.

Depuis 1973, je suis Rabbin près de Tel Aviv.

Cette année, je participe pour la dixième fois à cette rencontre merveilleuse. Je suis profondément impressionné et reconnaissant pour tout ce que Sant’Egidio a fait pour moi et pour le monde. Grâce à eux, j’ai eu aussi la possibilité de rencontrer mon cher ami, le Saint-Père. Comme Rabbin, j’emploie le terme «Saint» car Maïmonide dit que la vertu la plus grande est l’humilité et l’humilité est signe de sainteté.

J’ai vu en Pape François un exemple visible d’humilité et de sainteté pour notre temps, tout comme Saint François le fut pour son époque.

Plusieurs fois j’ai parlé aux jeunes, car ceux qui ne connaissent pas l’histoire sont condamnés à la répéter. Je pense que l’esprit d’Assise est le meilleur exemple d’humilité et de sainteté et c’est la réponse à la tragédie de la Shoah et de toutes les guerres. Parce qu’ici nous disons au monde que devenir des amis et vivre ensemble dans la paix est possible, même si nous sommes différents.

Je suis devenu à mon grand âge partie prenante de cet esprit unique : TOUS DIFFÉRENTS MAIS TOUS ENSEMBLE avec le courage du dialogue, pour prévenir tout conflit et créer un monde humain où chacun pourra reconnaître en l’autre l’image de Dieu.

(Source :  Zenit.org)

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25 septembre 2016

ASSISE 2016 : LE GRAND DUC DE LUXEMBOURG SALUE LA VISITE A LESBOS

« Un message concret d’humanité dont nous avons bien besoin en Europe! »

Assise 2016, capture CTV

 

« Je reste convaincu que ces journées de dialogue des religions et des cultures dans le sillage de l’esprit d’Assise constituent une étape essentielle vers un monde de paix », a déclaré le Grand Duc Henri de Luxembourg, lors de la session inaugurale du rassemblement des religions et des cultures pour la paix, dimanche, 18 septembre 2016, à Assise.

Evoquant la Syrie et son cortège de millions de réfugiés, le Grand Duc a salué la visite du pape François et du patriarche Bartholomée au camp de réfugiés de Lesbos en avril dernier en disant: « La visite à Lesbos du patriarche œcuménique Bartolomée, avec le pape François, nous a profondément touchés : un message concret d’humanité dont nous avons bien besoin en Europe! »

Il a invité au dialogue: « Le dialogue est le remède aux conflits, il soigne les blessures, il rend possible l’avenir. »

Voici le texte de l’allocution publiée par Sant’Egidio.

AB

Allocution du Grand Duc Henri de Luxembourg

Monsieur le président de la République centrafricaine,
Votre Sainteté Bartolomé,
Cher professeur Riccardi,
Excellences, Eminences,
Mesdames et Messieurs,

C’est pour moi un honneur et un motif de joie d’être ici, avec vous, dans la ville d’Assise, dans cette assemblée composée d’aussi grandes personnalités religieuses, spirituelle et morales.

Nous sommes ici, à Assise, pour commémorer le trentième anniversaire de la journée historique de prière pour la paix voulue par saint Jean-Paul en 1986. La Grande-duchesse et moi-même participons depuis des années, avec une conviction profonde, à ce chemin de paix et de dialogue. Comme je l’ai dit à Cracovie, en 2009, lors d’une étape inoubliable de ce pèlerinage de croyants et d’hommes et de femmes de bonne volonté dans la ville de Karol Wojtyla : je reste convaincu que ces journées de dialogue des religions et des cultures dans le sillage de l’esprit d’Assise constituent une étape essentielle vers un monde de paix. Voilà pourquoi je voudrais remercier encore une fois la Communauté de Sant’Egidio et le cher professeur Riccardi, qui, avec une ferveur et une ténacité sans égales, renouvellent chaque année dans une ville différente cet esprit de dialogue et d’amitié entre femmes et hommes de cultures et de fois différentes, dont plus que jamais aujourd’hui nous avons besoin.

Nous suivons avec attention, monsieur le président, les récents développements en République centrafricaine, depuis trop longtemps otage de violence et de conflits. Nous souhaitons que s’ouvre enfin un temps de stabilité et de paix pour votre peuple. Aujourd’hui, dans notre monde, il y a vraiment une immense « soif de paix ».

Nous pensons à la Syrie, à une guerre qui dure depuis désormais cinq ans, semant la mort et la destruction. Combien de personnes fuient aujourd’hui la guerre en quête d’accueil sur notre continent européen ! La visite à Lesbos du patriarche œcuménique Bartolomée, avec le pape François, nous a profondément touchés : un message concret d’humanité dont nous avons bien besoin en Europe !

La religion est avant tout ce qui lie et unit les hommes. Pris individuellement, nous sortons confortés dans notre engagement de ces journées de dialogue et de rencontre. Sur le plan collectif, la concorde entre les religions est un message essentiel adressé à l’humanité : face aux défis du monde actuel, leur raison d’être est d’unir et non pas de diviser. De cela, aujourd’hui, nous en avons bien besoin. C’est pourquoi, j’en suis convaincu, ces journées ne veulent pas seulement célébrer un anniversaire. Ici, à Assise, puisant au lumineux témoignage de saint François, nous voulons nous placer de façon renouvelée devant la « soif de paix » de nombreuses personnes et devant nos responsabilités. Le dialogue est le remède aux conflits, il soigne les blessures, il rend possible l’avenir.

22 septembre 2016

(Source : Zenit.org)

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24 septembre 2016

RETRAITE DU GFIC POUR LES COUPLES ISLAMO-CHRETIENS

Le GFIC a bientôt quarante ans d’existence et a beaucoup mûri en même temps que ses participants. Il a jusqu’ici œuvré notamment – et continue à le faire – à faire découvrir l’héritage religieux et culturel de notre conjoint, à l’accepter et à le respecter.
Certains couples ressentent le désir d’aller encore plus loin dans l’accueil spirituel de la Tradition de l’autre, et pour la première fois, le GFIC propose un temps de retraite et de prière en couple, dans le monastère d’Aiguebelle (Drôme). Il aura lieu les 11, 12 et 13 novembre et sera animé par le Père Henri de la Hougue et par Denis Gril, musulman et traducteur de textes soufis.
Le lieu et la communauté accueillante choisis pour cette retraite ont un sens : Christian de Chergé et les moines de Tibéhirine en faisaient partie. Des rencontres islamo-chrétiennes y sont organisées depuis longtemps. C’est d’ailleurs grâce à une rencontre à Aiguebelle que trois couples ont fondé ce qui allait devenir le GFIC !
Le nombre de places étant limité, les inscriptions seront honorées par ordre de retour de mail. Le tarif indicatif de la retraite s’élève à 79 euros par personne, soit 158 euros par couple. 
Le voyage est à la charge des participants et c’est à eux de l’organiser. Possibilité d'une navette commune entre la gare d'arrivée et l'abbaye. 
Renseignements et inscriptions: retraite.gfic@gmail.com
 
du 11 au 13 novembre 2016
A l’abbaye ND d'Aiguebelle, à Montjoyer (26)
Animée par Denis Gril et le père Henri de La Hougue, sur le thème de la prière.
Programme indicatif
Vendredi 11 novembre 2016
14h : Temps d'enseignement : Initiation à la prière et à la méditation (prière silencieuse), par le Père Henri de la Hougue et Denis Gril
15h30 : Salat, prière rituelle musulmane (al-'asr)
16h : Exercices spirituels
•        16h : prière silencieuse
•        16h15 : chapelet musulman ou noms divins
17h30 : Vêpres
19h : Dîner 
20h 30: en cours d’élaboration
Samedi 12 novembre 2016
 6h45 : Laudes
7h : Salat, prière rituelle musulmane (A Soubah')
7h15 : Messe
8h : Petit déjeuner 
9h : Méditations à partir de textes du Coran et de la Bible sur des grandes figures de priants
11h-12h :
12 h : Salat, prière rituelle musulmane (adh-dhouhr)
12h30 : Déjeuner 
14h-15h30 : Promenade 
16h : Temps d'enseignement : sens de la prière rituelle en islam (Denis Grill)
16h30 : Salat, prière rituelle musulmane (al-maghrib)
17h30 : Vêpres
19h : Dîner
20h30 : en cours d’élaboration
Dimanche 13 novembre 2016
 6h45 : Laudes
7h : Salat, prière rituelle musulmane (A Soubah')
8h : petit déjeuner
9 h : Temps d'enseignement sur la signification de la messe (H de la Hougue)
9h30 : Messe
11h-12h : Bilan - Partage - Intentions de prière
12 h : déjeuner 

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23 septembre 2016

A ASSISE, LES RELIGIONS ENVOIENT AU MONDE UN SIGNAL POUR LA PAIX / APPEL POUR LA PAIX (TEXTE INTEGRAL)

 

Assise 2016, capture CTV

 

Trente ans après la première rencontre interreligieuse pour la paix initiée par Jean-Paul II à Assise en 1986, des chefs religieux de toutes religions se sont à nouveau rassemblés pour envoyer au monde un signal en faveur de la paix, le 20 septembre 2016. Avec le pape François, quelque 500 représentants religieux ont vécu une journée de rencontres, avec un déjeuner commun, des temps de prière par confession et une cérémonie conclue par un « Appel pour la paix ».

Après un temps de prière œcuménique pour les chrétiens et par groupe de foi pour les autres religions dans l’après-midi, les représentants religieux ont rejoint un podium sur la place de la basilique Saint-François, à l’endroit même où Jean-Paul II a inauguré ces rencontres pour la paix, en 1986. C’est là qu’a eu lieu la rencontre conclusive de la journée.

Devant le parterre de dignitaires religieux et représentants du monde de la culture, Mgr Domenico Sorrentino, évêque du lieu, a salué « l’esprit prophétique d’Assise » qui montre qu’« il est possible que l’humanité croyante se sente une seule famille ». Le custode du Sacré Couvent d’Assise a quant à lui encouragé à être prêt à « mourir pour la paix ».

Andrea Riccardi, fondateur de la Communauté de Sant’Egidio – un des organisateurs de la rencontre – a assuré que la guerre était « folie de gens avides de pouvoir et d’argent » mais qu’elle pouvait être vaincue par l’humilité et la prière. Tamar, réfugiée syrienne de confession arménienne a témoigné des souffrances que son peuple endurait dans un pays où il n’y avait auparavant « pas de différences entre chrétiens et musulmans ».

Le patriarche œcuménique de Constantinople Bartholomée Ier a assuré que « la paix nécessite aussi la justice », en plaidant pour une nouvelle économie attentive aux plus pauvres et à la planète. Il a encouragé chaque famille religieuse à faire « une auto-critique » pour se purifier en vue de la paix.

Puis le rabbin David Brodman, rescapé de la Shoah, a rendu hommage au pape François son « très cher ami », saluant son exemple de « modestie » : « Je dis le ‘Saint-Père’, a-t-il insisté, car la modestie conduit à la sainteté ». Après lui, le président du Conseil des oulémas d’Indonésie a dénoncé la violence et le terrorisme. Et d’affirmer : « L’Islam est une religion de paix ».

Seule la paix est sainte

Après l’intervention en japonais d’un maitre du bouddhisme Tendai, le pape François a pris la parole en assurant que « jamais le nom de Dieu ne peut justifier la violence ». « Seule la paix est sainte, pas la guerre ! », a-t-il martelé.

« Nous n’avons pas d’armes, a poursuivi le pape. Mais nous croyons dans la douce et humble force de la prière ». « Il n’y a aucun avenir dans la guerre, et la violence des armes détruit la joie de la vie ».

Appelant à « faire face à la grande maladie de notre époque : le paganisme de l’indifférence », le pape a mis en garde contre diverses attitudes : l’attitude de « celui qui sait seulement protester et se fâcher » ou de « celui qui se lave les mains des problèmes » des autres, ou encore de « celui qui juge tout sur le clavier d’un ordinateur ».

Le pape a appelé les leaders des Nations à ne pas se lasser de « promouvoir des chemins de paix au-delà des intérêts de parti et du moment ». « Notre avenir est de vivre ensemble » en déposant les « lourds fardeaux de la méfiance, des fondamentalismes, de la haine », a-t-il ajouté. Et de donner l’exemple des participants d’Assise : « Nos traditions religieuses sont diverses. Mais la différence n’est pas pour nous un motif de conflit ».

Les religions lancent un Appel

Après le discours du pape, debout, les participants ont observé une minute de silence pour les victimes des guerres et de la violence. Puis a eu lieu la proclamation solennelle de l’Appel à la paix qui explique l’esprit d’Assise « Voilà l’esprit qui nous anime : réaliser la rencontre dans le dialogue, s’opposer à toute forme de violence et d’abus de la religion pour justifier la guerre et le terrorisme ».

« La paix est le nom de Dieu », déclarent les signataires de toutes religions, en affirmant « que la violence et le terrorisme s’opposent au véritable esprit religieux ». Il implorent les gouvernants « afin que soient désamorcés les mobiles des guerres ».

Des enfants originaires des quatre coins du monde sont alors venus recevoir des mains des chefs religieux un rouleau contenant l’Appel à la paix, avant de le brandir fièrement devant la foule qui applaudissait.

En un geste symbolique, les chefs religieux et les représentants culturels de nombreux pays ont allumé un par un une bougie sur un large candélabre avant de signer l’Appel d’Assise 2016. Les participants ont aussi prié pour les victimes des récents attentats en France et pour tous les réfugiés du monde.

Au terme de la rencontre, tous les participants ont échangé un geste de paix, s’embrassant ou se serrant les mains dans une joyeuse mêlée. Sans tarder, le pape François a ensuite rejoint sa voiture pour rentrer au Vatican en hélicoptère.

Il s’agissait de la cinquième rencontre de ce type en la présence d’un pape : après celle de 1986, le pape Jean-Paul II avait souhaité une autre journée interreligieuse en pleine guerre dans les Balkans, en 1993, puis au lendemain des attentats du 11 septembre 2001. La rencontre avait eu lieu le 29 janvier 2002. Benoît XVI ensuite proposa une rencontre à l’occasion du 25e anniversaire de la première, le 27 octobre 2011. Le pape allemand avait invité aussi des non-croyants à y participer.

20 septembre 2016

Anne Kurian

 

 

Appel pour la paix d’Assise 2016, texte intégral

« La paix est le nom de Dieu »

Assise 2016, signature de l'Appel à la paix

Hommes et femmes de religions différentes, nous sommes réunis, comme pèlerins, dans la cité de Saint François. Ici, en 1986, il y a 30 ans, à l’invitation du Pape Jean-Paul II, se réunirent des Représentants religieux du monde entier, pour la première fois en si grand nombre et avec une telle solennité, pour affirmer le lien indissoluble entre le grand bien de la paix et un authentique engagement religieux. De cet événement historique, s’est amorcé un long pèlerinage qui, touchant de nombreuses villes du monde, a rassemblé beaucoup de croyants dans le dialogue et dans la prière pour la paix ; il a uni sans confondre, donnant vie à de solides amitiés interreligieuses et contribuant à éteindre de nombreux conflits. Voilà l’esprit qui nous anime : réaliser la rencontre dans le dialogue, s’opposer à toute forme de violence et d’abus de la religion pour justifier la guerre et le terrorisme. Pourtant, au cours des années passées, de nombreux peuples ont encore été douloureusement blessés par la guerre. On n’a toujours pas compris que la guerre détériore le monde, laissant un héritage de douleurs et de haines. Tous, avec la guerre, sont des perdants, même les vainqueurs.

Nous avons adressé notre prière à Dieu, afin qu’il donne la paix au monde. Nous reconnaissons la nécessité de prier constamment pour la paix, parce que la prière protège le monde et l’illumine. La paix est le nom de Dieu. Celui qui invoque le nom de Dieu pour justifier le terrorisme, la violence et la guerre, ne marche pas sur Sa route : la guerre au nom de la religion devient une guerre à la religion elle-même. Avec une ferme conviction, nous réaffirmons donc que la violence et le terrorisme s’opposent au véritable esprit religieux.

Nous nous sommes mis à l’écoute de la voix des pauvres, des enfants, des jeunes générations, des femmes et de nombreux frères et sœurs qui souffrent de la guerre ; avec eux nous disons avec force : Non à la guerre ! Que le cri de douleur de tant d’innocents ne reste pas inécouté.

Nous implorons les Responsables des Nations afin que soient désamorcés les mobiles des guerres : l’avidité du pouvoir et de l’argent, la cupidité de qui fait du commerce d’armes, les intérêts des parties, les vengeances à cause du passé. Qu’augmente l’engagement concret pour éliminer les causes sous-jacentes aux conflits : les situations de pauvreté, d’injustice et d’inégalité, l’exploitation et le mépris de la vie humaine.

Qu’enfin s’ouvre un temps nouveau, où le monde globalisé devienne une famille de peuples.

Que soit mise en œuvre la responsabilité de construire une véritable paix, que l’on soit attentif aux besoins authentiques des personnes et des peuples, que l’on prévienne les conflits par la collaboration, que l’on vainc les haines et surmonte les barrières, par la rencontre et le dialogue.

Rien n’est perdu en pratiquant effectivement le dialogue. Rien n’est impossible si nous nous adressons à Dieu dans la prière. Tous nous pouvons être des artisans de paix ; d’Assise nous renouvelons avec conviction notre engagement à l’être, avec l’aide de Dieu, avec tous les hommes et toutes les femmes de bonne volonté.

© Librairie éditrice du Vatican

(Source : Zenit.org)

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22 septembre 2016

ASSISE 2016 : INTERVENTION DE MOHAMMED SAMMAK

 Mohammed Sammak, Assise, 18 set. 2016, capture

Mohammad Sammak, conseiller politique du Grand Mufti du Liban, a rendu hommage au père Jacques Hamel, dimanche, 18 septembre 2016, à Assise, lors de la session inaugurale du rassemblement des religons pour la paix « Soif de paix », en ce 30e anniversaire de l’initiative de saint Jean-Paul II, le 27 octobre 1986.

S’adressant à Mgr Dominique Lebrun, archevêque de Rouen, présent dans l’assemblée, et qui venait de parler en tenant devant lui la photo du père Hamel, il a affirmé que le père Jacques, assassiné le 26 juillet dernier, alors qu’il célébrait la messe, à Saint-Etienne-du-Rouvray, était considéré « comme une victime pas seulement pour votre Eglise mais pour l’humanité tout entière ».

Il a ausi rendu hommage au pape François. En soulignant qu’ « aucune religion n’est criminelle, mais qu’il y a des criminels dans toute les religions, le pape François s’est proposé comme leader spirituel pour l’humanité entière », a déclaré Mohammed Sammak, conseiller politique du Grand Mufti du Liban, intervenu à l’inauguration de la rencontre internationale Hommes et religions qui s’est ouvert à Assise, le 18 septembre.

Sammak a aussi décrit les hommes de Daech comme un «  groupe de personnes vindicatives, désespérées et extrémistes qui ont détourné l’islam, pour l’utiliser à des fins meurtrières, alors que l’Islam  – en faisant référence  à la destruction d’églises et monastères en Syrie et en Irak -, interdit à quiconque d’utiliser les pierres d’une Eglise pour bâtir sa propre maison ».

Le conseiller a par ailleurs évoqué le souvenir du père jésuite italien disparu en Syrie, Paolo Dall’Oglio qui a «  passé sa vie à servir musulmans et chrétiens en Syrie », et celui de l’évêque d’Alep, enlevé il y a trois ans, Mar Gregorios Yohanna Ibrahim, qu’il avait connu aux rencontres de prière pour la paix organisées par Sant’Egidio les années passées. Puis une pensée est allée au père Jacques Hamel, tué le 26 juillet dernier dans une église à la périphérie de Rouen, assurant que le prêtre français est «  une victime » pour l’Eglise catholique, mais « également pour notre religion », a-t-il dit.

Enfin, Mohammed Sammak estime que «  les relations entre personnes de différentes religions ne peuvent reposer ni sur l’élimination de l’autre  – comme voudrait Daesh – ni sur la tolérance, mais sur une foi qui croit « au pluralisme et à la diversité, au respect des fondements idéologiques et intellectuels qui constituent la base de la diversité ». « La citoyenneté – a-t-il conclu – ne peut se baser sur la tolérance mais sur des droits ».

19 septembre 2016 

Océane Le Gall

(Zenit.org)

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21 septembre 2016

ASSISE 1986 - 2016 : SOIF DE PAIX: TEMOIGNAGE DE MONSEIGNEUR LEBRUN

« Une même famille humaine » (texte intégral)

Assise, Dialogue de paix 18 sept. 2016, Mgr Dominique Lebrun, capture

 

Le 31 juillet 2016, « c’était bien une famille rendant visite à une famille en deuil »: l’archevêque de Rouen, Mgr Dominique Lebrun, a témoigné, ce dimanche 18 septembre 2016, lors de l’ouverture du rassemblement pour la paix d’Assise (Italie), trente ans après le premier rassemblement convoqué par saint Jean-Paul II le 27 octobre 1986, après avoir posé la photo du père Jacques Hamel, sur le pupitre d’où il parlait au théâtre d’Assise.

Mgr Lebrun a demandé « quatre grâces » puis il a ajouté sous les applaudissements son expérience d’une « même famille humaine »: « Je demande ces grâces non sans remercier déjà pour celles reçues depuis l’offrande de la vie du Père Jacques Hamel. Qu’il suffise de souligner la visite rendue par de nombreux musulmans à nos assemblées dominicales le dimanche 31 juillet. C’était bien une famille rendant visite à une famille en deuil, et cela est bon. Nous sommes de la même famille humaine, donc promis, je le crois très sincèrement, à la même famille divine. Par Jésus, mon Seigneur et mon Dieu. Merci. »

Il avait évoqué la possible béatification du père Hamel en tant que martyr en soulignant le sens d’une telle proclamation éventuelle: « Je demande la grâce que la reconnaissance du martyre ne soit pas une bannière levée pour combattre et condamner; mais la joie de rendre grâce pour le don d’un prêtre qui a donné sa vie comme le Christ. »

Le représentant de l’islam, Mohammed Sammak, du Liban, s’est adressé à Mgr Lebrun dans son intervention, en soulignant lui aussi cette humanité commune: « Nous considérons le père Jacques Hamel comme une victime non seulement pour votre Eglise mais pour l’humanité tout entière. »

Mgr Lebrun a accompagné un pèlerinage du diocèse de Rouen à Rome et Assise, auquel participent des membres de la famille du père Jacques Hamel, assassiné le 26 juillet dernier en l’église Saint-Etienne, à Saint-Etienne-du-Rouvray (France, Normandie), alors qu’il célébrait la messe.

Le pape François a célébré la messe avec le pèlerinage de Rouen, le 14 septembre en la fête de la Croix glorieuse à Sainte-Marthe, au Vatican. Il a ensuite salué les membres du pèlerinage personnellement et de nouveau lors de l’audience l’audience générale qui a suivi, place Saint-Pierre.

Le lendemain, 15 septembre, Mgr Lebrun a déposé le bréviaire du père Jacques en la basilique San Bartolomeo de Rome, sur l’Île Tibérine, sanctuaire des nouveaux martyrs, toujours en présence de représentants de la famille de celui que le pape François a appelé « martyr » et « bienheureux ».

Voici le texte de l’intervention de Mgr Lebrun. Au texte publié par Sant’Egidio nous avons ajouté quelques incises de Mgr Lebrun.

18 septembre 2016  

Intervention à Assise dimanche 18 septembre 2016
Dominique Lebrun, archev
êque de Rouen (France)

La Providence me conduit à Assise quelques semaines après l’assassinat du Père Jacques Hamel, à la fin de la messe, par deux jeunes hommes se réclamant d’une foi musulmane.  Oui, l’esprit d’Assise est bien présent, et il porte du fruit un peu partout ! Mais voilà que le mystère du Mal semble nous submerger et venir troubler ce chemin.

Ici, je voudrais demander la grâce de continuer le chemin du dialogue, un dialogue qui soit plus fort et plus vrai, plus intérieur. Je demande quatre grâces, car j’ai soif, j’ai soif de paix :

  1. Je demande à Dieu, par l’intercession de st François et du père Jacques Hamel, la grâce du pardon. Pardonner les assassins ? Ce n’est pas si difficile de pardonner deux assassins, qui sont morts, mais ceux qui les commanditent, les encouragent, les approuvent, cela est plus rude. Que la Parole de Jésus s’accomplisse : « Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font » (Lc 23, 34).
  1. Lorsque des responsables de DAECH sont tués par des bombardements, quelle est ma pensée : ils ont ce qu’ils méritent ? Ouf, en voilà quelques-uns d’éliminés ? Ou bien que va-t-il se passer pour eux en paraissant devant Dieu ? Suis-je capable de prier pour leur salut, de les aimer ? Je demande la grâce de les aimer comme des frères, c’est-à-dire de désirer les retrouver dans le Royaume des Cieux. Que la Parole de Jésus nous stimule et vienne purifier nos coeurs : « Moi, je vous dis : aimez vos ennemis » (Mt 5;44).
  1. Le Père Jacques appartient à la lignée des martyrs. Il est bienheureux, dit le Pape François. Il n’est pas encore béatifié. Alors je reçois des lettres qui le demandent. Certains, bien informés, m’incitent à demander la dispense de 5 ans, en usage dans l’Eglise catholique. Je demande la grâce que la reconnaissance du martyre du père Hamel ne soit pas une bannière levée pour combattre et condamner; mais la joie de rendre grâce pour le don d’un prêtre qui a donné sa vie comme le Christ. Que la Parole de Jésus m’habite : « Dieu a envoyé son Fils unique… non pas pour juger le monde, mais pour que par Lui, le monde soit sauvé » (Jn 3, 17).
  1. Enfin, je demande la grâce d’un dialogue en vérité avec mes amis musulmans.  Des questions se posent sur notre possible cohabitation, à Saint-Etienne du Rouvray, dans la banlieue de Rouen, dans nos périphéries, dans d’autres pays aussi. Dans la vie sociale et familiale, tout est-il compatible entre nos religions. Parlons-en, dialoguons. J’aimerais aussi interroger avec un infini respect mes amis musulmans sur ce que leur foi appelle soumission à un Dieu qui est au-dessus de l’humanité. Ce que les musulmans perçoivent de Dieu n’est-il pas d’un tel absolu que toute réalité, même la vie humaine, n’aurait guère d’importance en comparaison? Je voudrais, en même temps, témoigner de ma foi en Dieu qui s’est fait homme en Jésus : Dieu est entré dans l’humanité, et ainsi dans ses limites. Quel beau mystère qui élève l’homme à la dignité divine et qui, en même temps, se mêle à son histoire chaotique.

Je demande ces grâces, pour dire aussi que mon cœur a besoin d’être encore purifié. Je demande ces grâces non sans remercier déjà pour celles reçues depuis l’offrande de la vie du Père Jacques Hamel. Qu’il suffise de souligner la visite rendue par de nombreux musulmans à nos assemblées dominicales le dimanche 31 juillet. C’était bien une famille rendant visite à une famille en deuil, et cela est bon. Nous sommes de la même famille humaine, donc promis, je le crois très sincèrement, à la même famille divine. Par Jésus, mon Seigneur et mon Dieu. Merci.

© Mgr Dominique Lebrun

(Source : Zenit.org)

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20 septembre 2016

ASSISE 2016 : LE PAPE INVITE LES CATHOLIQUES A UNE JOURNEE DE PRIERE POUR LA PAIX

 

Le 20 septembre, en union avec les responsables religieux

Angélus du 18 septembre 2016, capture CTV

 

En union avec la rencontre interreligieuse d’Assise, le pape François a invité les catholiques à vivre « une journée de prière pour la paix » le 20 septembre 2016. « Aujourd’hui plus que jamais nous avons besoin de la paix », a-t-il lancé deux jours plus tôt, lors de l’angélus dominical qu’il célébrait place Saint-Pierre au Vatican.

Après la prière mariale en présence de dizaines de milliers de personnes, le pape a évoqué l’ouverture de « la rencontre de prière pour la paix, à trente ans de la rencontre historique convoquée par Jean-Paul II » à Assise. Plus de 450 leaders religieux et représentants du monde politique et de la culture y sont rassemblés pour trois journées (18-20 septembre) organisées par les franciscains, le diocèse d’Assise et la communauté Sant’Egidio. Le pape argentin sera présent pour le troisième jour.

« J’invite les paroisses, les associations ecclésiales et chaque fidèle du monde entier à vivre ce jour comme une journée de prière pour la paix », a lancé le pape. Et d’insister : « Aujourd’hui plus que jamais nous avons besoin de la paix, en cette guerre de partout dans le monde. Prions pour la paix ».

« A l’exemple de saint François, homme de fraternité et de douceur, nous sommes tous appelés à offrir au monde un témoignage fort de notre engagement commun pour la paix et la réconciliation entre les peuples », a ajouté le pape François. Il a renouvelé son appel, sous les applaudissements : « Mardi, tous unis en prière. Chacun prend un temps – ce qu’il peut- pour prier pour la paix. Tout le monde uni ».

Anne Kurian

(Source : Zenit.org)

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18 septembre 2016

UN TRES BEAU TEMOIGNAGE

    

N’AYONS PAS PEUR !

 

Je suis née dans une famille nombreuse chrétienne, pratiquante. Je me sentais bien dans ce climat altruiste, imprégnée des valeurs chrétiennes.

A la Fac j’ai connu mon futur mari, musulman. Nous nous sommes mariés en 1969, avec la bénédiction du curé de la paroisse , et avec la Fatiha, bénédiction musulmane : ça fait donc 47 ans que nous sommes mariés !

Oui, il est possible de vivre ensemble entre Chrétiens et Musulmans !

Arrivée dans ma belle-famille, j’ai été acceptée chaleureusement, j’ai reconnu la même « chaleur humaine » que dans ma propre famille. Ils étaient musulmans, pratiquants, imprégnés des mêmes valeurs que moi, catholique : amour de Dieu, respect et amour du prochain…. Nos parents ont sympathisé et beaucoup échangé, dans le respect de leur croyance en Dieu, malgré des chemins différents.

J’ai partagé les joies, les peines, les épreuves de ma nouvelle famille. Je me sens toujours très bien avec eux tous. Mon mari a aussi partagé nos joies, nos peines. Il nous a particulièrement beaucoup aidés lors du décès de mon père ;  avec lui nous l’avons entouré avec Maman, mes frères et sœurs et nos enfants, parlant à Papa, priant, échangeant, démystifiant la mort et retrouvant une réelle sérénité. Deux semaines pus tard, c’était mes frères et sœurs qui entouraient mon mari, priant avec lui auprès de sa sœur décédée d’un cancer.

Récemment en Algérie, un neveu très pieux parlait de son oncle - mon mari- et de sa tante chrétienne à ses amis à la sortie de la mosquée ; ses amis lui ont dit «  viens on va prier pour elle », et c’était une prière d’action de grâces !

Je veux témoigner aujourd’hui, malgré mon désir de vivre discrètement, parce que c’est urgent, en ces jours douloureux pour nos frères et amis musulmans. Mon mari et moi avons participé à la rencontre de réflexion et de prière organisée le 3 août à l’église, après le décès tragique du Père Jacques Hamel. Dans notre petit groupe, une maman de cinq grands enfants, nous a remerciés de notre témoignage : elle s’était sentie apaisée, elle qui ne connaissait pas la vraie valeur de l’Islam.

Il faut bien savoir que les Musulmans n’ont rien à voir avec les terroristes.

Les Musulmans, c’est comme ma belle-famille, comme vous, comme nous, ce sont des gens « simples », chaleureux, ô combien accueillants, qui ne demandent qu’à vivre tranquillement dans l’Amour et la Paix de Dieu, en bonne relation les uns avec les autres.

Il est dit dans le Coran que « celui qui tue un homme tue l’humanité toute entière, celui qui sauve une vie sauve l’humanité toute entière ». Quel message de paix !

 

 

Les terroristes sont des tueurs, qui utilisent l’Islam pour leurs funestes projets. Ils sont à l’opposé des préceptes du Coran. D’ailleurs les Musulmans souffrent du fait qu’ils se nomment, sont nommés islamistes ou djihadistes. Dans islamiste, il y a Islam : c’est une contre-vérité qui fait mal aux Musulmans. Le Djihad, c’est une volonté de se dépasser personnellement, pour accomplir la volonté de Dieu. C’est en quelque sorte notre volonté de conversion à nous, les Chrétiens, qui n’a rien à voir avec ceux qui se prétendent « djihadistes »

C’est avec les mots usurpés de l’Islam que ces tueurs font régner la terreur.

Et selon le Père Jacques Hamel en mourant, c’est bien « Satan » qui arme leurs bras.

Les terroristes utilisent les jeunes, et même les enfants, à la recherche d’un idéal, qui veulent faire de leur vie une mission pour Dieu. Il les manipule pour les faire agir à leur place. Les lâches ! Ils se servent d’Internet, redoutable canal d’information et de désinformation, véritable toile d’araignée dont il est difficile de s’extirper quand on est pris dans leurs filets.

N’ayons pas peur des Musulmans, ce sont nos frères : ils ont les mêmes aspirations que nous, les mêmes préoccupations que nous, la Foi en Dieu, le même désir de faire Sa volonté.

Allons à leur rencontre, faisons leur une place dans nos vies, aidons les en ces dramatiques circonstances où ils subissent en quelque sorte la « triple peine » : être meurtris dans leur Foi, être visés par les terroristes, et être assimilés aux terroristes.

« Face à la folie de la violence, la miséricorde et la solidarité non violente sont les seules armes des croyants de toutes les religions. » (Père Dominique Fontaine, du Secours catholique)

En cette année de la Miséricorde, en union avec les Musulmans qui commencent toutes leurs prières par « Au nom de Dieu le Miséricordieux », prions Dieu qu’Il nous donne la force de vivre ensemble, de retrouver la sérénité et la paix. Et qu’il repousse Satan au plus profond des ténèbres.

 

Oui, il est possible de vivre heureux entre Chrétiens et Musulmans !

 

Chantal   

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PRIER ENSEMBLE OU ETRE ENSEMBLE POUR PRIER, C'EST MAINTENANT ?...

Bonjour à tous, abonnés et non abonnés à ce blog,

Le dramatique assassinat du prêtre Jacques Hamel à St Etienne du Rouvray a suscité une grande émotion et particulièrement dans les milieux musulmans qui ont spontanément répondu à l'invitation de leurs responsables religieux et de la communauté catholique pour venir  manisfester leur solidarité avec les chrétiens durement affectés, en se rendant aux nombreuses cérémonies organisées pour la circonstance dans les églises partout en France. Par ce geste tous entendaient également exprimer leur condamnation absolue de toute idée de guerre de religions en s'impliquant au contraire dans une démarche de paix et de fraternité diamétralement opposée à celle odieusement imposée par les auteurs des attentats.

Ce faisant, il est interessant de noter que nombreux ont été les témoignages de musulmans qui, bien que se trouvant dans un lieu de culte théoriquement inapproprié pour eux, ont pu malgré tout prier de façon tout à fait authentique, se recueillir et même s'associer à certaines prières chrétiennes comme par exemple celles adressées à Marie la mère de Jésus. Certains iront même jusqu'à réclamer la bénédiction d'un prêtre!... Ainsi, une fois de plus, il est constaté que les célébrations interreligieuses comme on les appelle, peuvent très bien mener à toute autre chose qu'un simple "acte de présence" ou "témoignage de sympathie" de la part des "autres croyants" venus de l'extérieur et accueillis en telle ou telle circonstance. "Prier ensemble" est donc ni impossible ni incongru et finalement la formule "Etre ensemble pour prier" utilisée et jugée préférable par précaution lors du rassemblement interreligieux d'Assise en 1986 à l'initiative de Jean-Paul II, n'était peut-être pas tout à fait justifiée...                                                                                                                                                           

Comme toujours lorsque se produisent ponctuellement et spontanément de tels mouvements de sympathie et de fraternité, plusieurs voix n'ont pas manqué de mettre en doute la pérénité d'une si belle unité et de dire qu'une fois l'émotion retombée, celle-ci risquait fort de rester sans lendemain. C'est ignorer l'existence déjà ancienne de fréquentes manifestations ou célébrations interreligieuses qui fleurissent ici et là dans le monde et dont ce blog essaie de rendre compte presque quotidiennement.

Ceci dit, il n'en reste pas moins que face à cette incitation à une guerre de religions soigneusement entretenue par les extrêmistes, il serait urgent de renforcer et développer toujours davantage ces expériences interreligieuses et même de faire en sorte qu'elles ne soient pas seulement ponctuelles mais qu'elles puissent aussi se renouveller à dates régulières fixées selon un calendrier précis à l'occasion de certaines fêtes ou commémorations annuelles qui pourraient s'y prêter. A fortiori, lorsque des similitudes apparaissent dans les pratiques spirituelles des différentes traditions, pourquoi ne pas profiter de cette opportunité pour pratiquer ensemble, là encore selon une périodicité établie à l'avance? C'est précisément ce que propose ce blog sous l'appellation "Carrefour du Silence". Partant du fait que la méditation, ou encore le recueillement profond, se trouve être une pratique commune à la plupart des traditions, il invite depuis sa création les fidèles de toutes confessions (ainsi que les non-croyants) à se rassembler régulièrement pour s'y consacrer ensemble dans le silence. (Voir la présentation aux paragraphes 3 et 4 en colonne de gauche de ce blog). Malheureusement à ce jour et malgré de nombreux appels en direction des institutions ou mouvements concernés dans la région, cette initiative qui pourtant rencontre un vrai succès ailleurs, reste toujours à l'état de projet faute de participants...

Puisse la gravité et l'urgence de la situation que nous connaissons aujourd'hui conduirent plusieurs d'entre vous, croyants ou non, à rejoindre ce projet et à le faire aboutir. (Pour cela cliquer sur "Contactez l'auteur" en colonne de droite). Bien entendu cette forme durable de rassemblement interreligieux ne pouvant se réaliser que si au moins 2 religions différentes se trouvent représentées parmi les participants, il serait bon de préciser votre appartenance religieuse le cas échéant.

 

Merci

Fraternellement

Jean-Marc Caffet

               

 

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14 septembre 2016

SIX PRIX NOBEL DE LA PAIX A ASSISE AVEC LE PAPE

 

Et déjeuner des chefs religieux avec 25 réfugiés

Assise, basilique Saint-François - WIKIMEDIA COMMONS

 

Six Prix Nobel de la paix participeront à la rencontre internationale « Soif de paix. Religions et cultures en dialogue », qui se déroulera à Assise du 18 au 20 septembre 2016. Le pape François et les chefs religieux présents partageront aussi un déjeuner avec 25 réfugiés, qui seront les hôtes particuliers de cet évènement.

Selon le site des franciscains d’Assise, les six Prix Nobel seront la catholique nord-irlandaise Mairead Maguire Corrigan (1976), l’ancien président de la Pologne Lech Walesa (1983), l’activiste américaine pour les droits de l’homme Jody Williams (1997), la figure du printemps arabe au Yemen, Tawakkul Karman (2011) ainsi que Hassine Abassi et Amer Meherzi, membres du quartet tunisien vainqueur du Prix Nobel en 2015.

Ces six personnalités engagées pour la paix interviendront notamment sur les thèmes du terrorisme et de l’avenir de l’Europe. Plus de 450 leaders religieux et représentants du monde politique et de la culture sont attendus pour ces journées organisées par les franciscains, le diocèse d’Assise et la communauté Sant’Egidio.

Lors de la présentation de l’évènement le 13 septembre au Vatican, Marco Impagliazzo, président de la Communauté de Sant’Egidio a annoncé parmi les hôtes de ces journées 25 réfugiés – 20 accueillis à Rome et 5 à Assise. Ils déjeuneront avec le pape et des chefs religieux le 20 septembre. Durant la cérémonie conclusive, une femme arménienne d’Alep réfugiée en Toscane, prendra la parole. De même des jeunes réfugiés lanceront un « appel de paix » depuis le parvis de la basilique Saint-François.

Mgr Domenico Sorrentino, évêque d’Assise, a précisé qu’en aucun cas il ne s’agissait d’une « salade d’expériences religieuses », mais d’un « chemin commun » sans « syncrétisme ou relativisme ».

Il a rappelé que la rencontre avait lieu trente ans après la première journée pour la paix voulue par Jean-Paul II le 27 octobre 1986, à l’occasion de l’Année internationale de la paix promue par l’ONU. Une initiative qui semble aujourd’hui « plus prophétique que jamais », a-t-il estimé.

La première rencontre fut suivie d’une deuxième en pleine guerre des Balkans, en 1993. Puis une autre eut lieu le 29 janvier 2002, après les attentats du 11 septembre 2001. Benoît XVI ensuite proposa une rencontre des religions pour la paix, à l’occasion du 25e anniversaire de la première rencontre, le 27 octobre 2011. Le pape allemand a invité aussi des non-croyants à y participer. Une intuition « géniale » selon le père Enzo Fortunato, directeur du Bureau de presse du Sacré couvent d’Assise.

« En ces temps difficiles Assise veut être une réponse, peut-être ‘la’ réponse, à la terreur et au terrorisme », a-t-il expliqué : « La faible force de la prière est pour nous la réponse à la force tyrannique de la terreur ».

Lors de ces trois journées où sont attendus le président de la République italienne Sergio Mattarella et le patriarche orthodoxe de Constantinople Bartholomée, ainsi que l’archevêque anglican de Cantorbéry Justin Welby, aura lieu un concert du violoniste Uto Ughi devant 12 000 personnes.

Anne Kurian

(Source :  Zenit.org)

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