* * CARREFOUR DU SILENCE * * Pour une communion interreligieuse

26 août 2016

AZERBAÏDJAN : RENCONTRE ENTRE DES REPRESENTANTS DU VATICAN ET DES MUSULMANS DU CAUCASE

 

En préparation du voyage du pape François dans le pays

Géorgie et Azerbaïdjan © Wikimedia commons

 

Une rencontre entre une délégation du Vatican et une délégation de la Direction des musulmans du Caucase (DMC) a eu lieu le 23 août 2016 à Bakou, en Azerbaïdjan, selon l’agence de presse d’Azerbaïdjan Azertac. Une rencontre qui a eu lieu un peu plus d’un mois avant le voyage du pape François dans le pays.

L’entrevue s’est déroulée sous la présidence du cheikh-ul-islam Allahchukur Pachazade, président de la DMC, et de Mgr Mauricio Rueda Beltz, organisateur des voyages pontificaux. Le pape François rencontrera le cheikh Allahchukur Pachazade lors de sa visite en Azerbaïdjan le 2 octobre prochain.

Durant les échanges, le « rôle important » des rencontres entre chefs religieux et l’approfondissement des liens entre les catholiques et les musulmans a été souligné.

Evoquant les valeurs multiculturelles de l’Azerbaïdjan, les deux parties ont exprimé leur satisfaction pour les bonnes relations entre le pays caucasien et le Saint-Siège et ont discuté des perspectives de développement des relations religieuses et spirituelles avec la DMC. Selon des chiffres de l’Aide à l’Eglise en détresse, les musulmans représentant près de 97% de la population azerbaïdjanaise.

Le pape François sera en Azerbaïdjan le 2 octobre prochain : ce sera le dernier jour de son voyage caucasien, après deux jours passés en Géorgie. Il célébrera la messe dans l’église de l’Immaculée au Centre salésien de Bakou et déjeunera avec la communauté salésienne.

Le pape sera aussi reçu par le président de la République Ilham Aliyev. Il participera également à des rencontres interreligieuses et œcuméniques avec le cheikh des musulmans du Caucase Allahshukur Pashazade dans la mosquée de la capitale, puis avec l’évêque orthodoxe de Bakou et avec le président de la communauté juive.

Marina Droujinin

(Source : Zenit.org)

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25 août 2016

"IL N'Y A PAS DE GUERRE ENTRE LE CHRISTIANISME ET L'ISLAM" AFFIRME LE CARDINAL PAROLIN

Le dialogue comme instrument de la paix

Le cardinal Pietro Parolin - Mazur/catholicnews.org.uk

 

« Il n’y a pas de guerre entre le christianisme et l’islam », affirme le cardinal Pietro Parolin. Le secrétaire d’Etat du Vatican assure que le dialogue est un instrument pour résoudre les situations de conflits dans une longue interview publiée par le journal de la Conférence épiscopale italienne Avvenire le 24 août 2016.

« Le pape François a clairement refusé la thèse selon laquelle nous assisterions à une guerre de religion », rappelle le cardinal. « Plusieurs autorités islamiques, poursuit-il, ont aussi condamné le terrorisme perpétré au nom de l’islam. C’est ainsi que la participation des musulmans aux messes après l’assassinat du père Hamel (en France, ndlr) est née comme un signe de fraternité, de solidarité et de refus de la violence. »

« La preuve » qu’il n’y a pas de guerre entre le christianisme et l’islam « est que le terrorisme islamique touche, d’un point de vue numérique, plus les musulmans que les chrétiens ».

On ne peut nier, selon le cardinal, «  que les militants de Daesh instrumentalisent l’islam pour justifier leurs actes de violence. Et leurs déclarations dans ce sens sont précisément une tentative d’évoquer une soi-disant ‘guerre de religion’. Nous ne devons pas tomber dans leur piège. »

Le dialogue interreligieux, « un devoir pour les chrétiens »

Pratiquer le dialogue interreligieux « est un devoir pour les chrétiens comme pour ceux qui appartiennent aux autres communautés religieuses », souligne le cardinal Parolin. C’est « une condition nécessaire pour la paix dans le monde ». Il estime que « critiquer ou rejeter le dialogue entre les religions comme un idéalisme ingénu » est « le signe d’un pessimisme exagéré et c’est aussi dangereux ».

« À mon avis, poursuit-il, il n’y a pas d’alternative au dialogue, bien que ce ne soit jamais facile. Dépasser les malentendus culturels, politiques, sociaux et religieux, qui durent depuis des siècles et qui sont alimentés aussi par des phénomènes actuels, requiert beaucoup de patience, une attitude d’attention profonde et de respect envers tous et doit commencer par la conviction que toute personne jouit de la même dignité humaine. »

Le primat du dialogue et de la rencontre

« Le pape François ne craint pas de dialoguer avec l’humanité, avec ses besoins et ses attentes », affirme encore le secrétaire d’État. « C’est justement la simplicité et le courage avec lequel le pape propose le primat du dialogue et de la rencontre, qui a éveillé chez de nombreux responsables religieux et politiques le désir d’entrer en contact avec lui et de mieux connaître l’action du Saint-Siège et de l’Église catholique dans le monde. »

L’ « unique préoccupation » du pape François, assure le « numéro 2 » du Vatican, « est d’annoncer l’Évangile qui sauve, afin que les hommes puissent se réconcilier avec Dieu et avec leurs frères et retrouver ainsi l’espérance et la paix. (…) C’est de là que naît, et autour de cela que tourne aussi son attention aux thèmes comme les conflits, les migrations, la sauvegarde de la création, le développement économique, la protection des faibles. Des problèmes sur lesquels les ‘puissants de ce monde’ l’écoutent avec intérêt et sympathie et lui manifestent de l’estime parce qu’il s’agit de questions d’une actualité brûlante ».

« Le pape François n’est pas un chef politique, ajoute le cardinal Parolin,  ni le chef d’une grande et puissante multinationale, expert en stratégies politiques, commerciales et financières. Il est le Successeur de Pierre, le pasteur de l’Église universelle, choisi par Dieu pour cette tâche ardue. »

L’accueil fait partie intégrante de l’identité chrétienne

« L’esprit d’accueil fait partie intégrante de l’identité chrétienne et c’est une application concrète des œuvres de miséricorde indiquées par Jésus dans l’Évangile », affirme le secrétaire d’État au fil de ce long entretien.  

« Nous ne pouvons pas diminuer l’ouverture universelle de l’Évangile ou faire semblant qu’elle n’existe pas, poursuit-il. Et l’Église doit continuer de répéter, sans se lasser, à temps et à contretemps, les paroles du Seigneur : ‘Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés’ et ‘Soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux’ ».

En même temps, « il est légitime pour un pays de prendre des mesures légales et juridiques pour protéger son identité culturelle liée au christianisme », estime le cardinal Parolin. « Mais même de telles mesures doivent être informées par l’esprit d’amour et de miséricorde à l’égard de toutes les personnes à partir de celles qui en ont le plus besoin, sans aucune distinction. »

Être proches des chrétiens souffrants au Moyen-Orient 

« La manière chrétienne » d’aider des chrétiens au Moyen-Orient « est, avant tout, de nous souvenir d’eux », estime le cardinal. « Nous devons chercher toutes les façons possibles de leur montrer que nous leurs sommes effectivement proches, surtout par la prière et la solidarité concrète. »

« Le Saint-Siège se préoccupe des souffrances des chrétiens au Moyen-Orient, réaffirme le cardinal Pietro Parolin, des difficultés qu’ils rencontrent et des injustices – et parfois des persécutions – qu’ils subissent et qui les poussent à abandonner leur terre. »

Marina Droujinin

Avec une traduction de Constance Roques

(Source : Zenit.org)

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19 août 2016

LE PAPE FRANCOIS A ASSISE LE 20 SEPTEMBRE 2016

 

   
   
Assise, basilique Saint-François - WIKIMEDIA COMMONS

Le pape François se rendra pour la troisième fois à Assise (Italie) le 20 septembre 2016, à l’occasion d’une Journée de prière pour la paix avec des responsables religieux et politiques, a annoncé le custode du couvent de la ville d’Ombrie, un mois plus tôt. Cet événement marque le 30e anniversaire de la première rencontre de prière lancée par Jean-Paul II.

Dans un communiqué publié le 18 août, le père Mauro Gambetti a indiqué que le pape retournera dans la ville de son saint patron pour la conclusion de trois journées dédiées à la paix, organisées du 18 au 20 septembre par les franciscains, le diocèse d’Assise et la communauté Sant’Egidio. Le Bureau de presse du Saint-Siège a confirmé l’information en fin de journée.

Outre le patriarche œcuménique de Constantinople Bartholomaios et le président de la République italienne Sergio Mattarella, plus de 400 délégations du monde religieux, politique et de la culture sont attendus pour cette rencontre sur le thème « Soif de paix. Religions et cultures en dialogue ». L’initiative de prière a lieu trente ans après la première journée pour la paix voulue par Jean-Paul II le 27 octobre 1986.

Il s’agira de la troisième visite du pape argentin dans la ville du Poverello : le 4 octobre 2013, il s’était rendu en pèlerinage au tombeau de saint François et de sainte Claire. Il avait aussi rencontré des enfants malades ou handicapés ainsi que des pauvres. Puis, tout récemment, le 4 août dernier, pour les 800 ans du « Pardon d’Assise », le pape argentin y est retourné pour se recueillir dans la petite chapelle de la « Portioncule », où son saint patron comprit le sens de sa vocation.

L’esprit d’Assise

C’est dans la ville de saint François d’Assise, dont la rencontre avec le sultan Al-Kamel est devenue le prototype du dialogue interreligieux, que saint Jean-Paul II a convoqué la première rencontre des religions pour la paix, à l’occasion de l’Année internationale de la paix promue par l’ONU. Il a réitéré son invitation en pleine guerre dans les Balkans, en 1993. Et il a proposé une nouvelle rencontre au lendemain des attentats du 11 septembre 2001 : la rencontre a eu lieu le 29 janvier 2002.

Benoît XVI ensuite proposa une rencontre des religions pour la paix, à l’occasion du 25e anniversaire de la première rencontre, le 27 octobre 2011. Le pape allemand a invité aussi des non-croyants à y participer.

Lors de la rencontre de 1986, le pape Jean-Paul II a expliqué “l’esprit d’Assise” : « Le fait que nous soyons venus ici n’implique aucune intention de chercher un consensus religieux entre nous, ou de mener une négociation sur nos convictions de foi. Il ne signifie pas non plus que les religions peuvent être réconciliées sur le plan d’un engagement commun, dans une concession au relativisme en matière de croyances religieuses, car tout être humain doit suivre honnêtement sa conscience droite avec l’intention de rechercher la vérité et de lui obéir. Notre rencontre atteste seulement, et c’est là sa grande signification pour les hommes de notre temps, que, dans la grande bataille pour la paix, l’humanité, avec sa diversité même, doit puiser aux sources les plus profondes et les plus vivifiantes où la conscience se forme et sur lesquelles se fonde l’agir moral des hommes. »

Réponse à un monde en guerre

Cette année, le programme de la rencontre prévoit deux jours d’échanges en « tables rondes » et une journée de prière. Dans un entretien à Radio Vatican en mars dernier, le père Mauro Gambetti précisait qu’outre des leaders religieux, des hommes politiques et des représentants du monde scientifique et de la culture, tous les « artisans de paix » étaient invités.

Face à un monde déchiré par les conflits, les participants répondront par « une prière et une parole unanimes, fruit d’une réflexion commune », ajoutait-il. Parmi les thèmes qui seront abordés : les principes reconnus par toutes les religions pour une coexistence pacifique ; la contribution de la politique, de la science, des cultures à la paix ; la protection de l’environnement.

Anne Kurian

(Source : Zenit.org)

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16 août 2016

LES MIGRANTS, UNE OCCASION DE DIALOGUE ENTRE LES CULTURES

 

   
   
Audience du 22 juin 2016, réfugiés (c) L'Osservatore Romano

Les nombreux migrants arrivant sur les côtes européennes sont une occasion de dialogue entre les cultures et les religions, a assuré le pape François. Dans un message publié le 16 août 2016, il a encouragé les participants à la rencontre « Méditerranée : une mer de ponts », organisée par le diocèse d’Ugento-Santa Maria di Leuca, dans le sud de l’Italie.

L’événement a rassemblé, du 11 au 14 août, des jeunes de l’Europe et des pays méditerranéens afin d’établir une Charte pour que la mer Méditerranée ne soit plus une “mer de mort”.

Dans le message signé du cardinal secrétaire d’Etat Pietro Parolin, le pape invite à considérer « la présence des nombreux frères et sœurs migrants comme une occasion de croissance humaine, de rencontre et de dialogue entre les cultures et religions, et (…) de témoigner de l’Evangile de la charité ».

Le pape souhaite aussi que l’initiative « suscite un engagement renouvelé pour favoriser une culture de l’accueil et de la solidarité, en promouvant la paix et la fraternité entre les peuples ».

A l’issue de la rencontre, a rapporté Radio Vatican, les participants ont signé la « Charte de Leuca », s’engageant à « préserver, reconstruire et rassembler les ponts reliant les pays de la Méditerranée ».

Anne Kurian

(Source :  Zenit.org)

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13 août 2016

FRANCE : REFLEXION DU CARDINAL TAURAN APRES LE MEURTRE DU PERE HAMEL

 

La coexistence fraternelle est possible

Père Jacques Hamel © Paroisse Saint-Etienne-du-Rouvray

Après le meurtre du père Jacques Hamel perpétré dans l’église de Saint-Etienne-du-Rouvray (France) le 26 juillet 2016, le cardinal Jean-Louis Tauran réaffirme que la coexistence fraternelle entre les religions est possible. Dans une tribune publiée dans l’édition italienne de L’Osservatore Romano datée du 13 août, il encourage à « continuer à se rencontrer (…) pour que la haine ne prévale pas ».

Le président du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux, qui confie qu’il se trouvait en France le jour « où le père Jacques Hamel a été barbarement assassiné », évoque la réaction du pays, « effondré dans la consternation » : « J’ai eu l’impression que les Français se rappelaient que leur culture s’enracine dans le message chrétien. Le commentaire sur les lèvres de tous était : On ne tue pas un curé ! »

Face aux tragédies, il invite à « ouvrir de nouvelles voies plus raisonnables et plus courageuses ». Si « ces faits criminels minent la crédibilité du dialogue interreligieux », le cardinal Tauran réaffirme que « la coexistence fraternelle n’est pas seulement possible, mais est nécessaire et fructueuse ». Il encourage donc à « continuer à se rencontrer, à se parler, à travailler ensemble quand c’est possible, pour que la haine ne prévale pas ».

Il donne aussi les attitudes-clés du vivre ensemble : « regarder celui qui est différent de nous avec estime, curiosité bienveillante et désir de marcher ensemble ». Le cardinal Tauran prévient les accusations de syncrétisme : « Le dialogue interreligieux est l’antidote le plus efficace pour combattre le relativisme », assure-t-il, car il exige d’abord « de professer sa propre foi ».

Alors que « de nombreux problèmes sont dus à l’ignorance », insiste le cardinal, il est « urgent d’approfondir le contenu de nos religions par une catéchèse articulée ». Il s’agit aussi de « promouvoir l’instruction religieuse », dans une société qui parfois néglige « l’aspect spirituel de la vie de l’homme ».

« En tuant le père Jacques, celui qui a conçu cet acte ignoble avait un but bien précis, conclut le président du dicastère : démontrer que la coexistence entre musulmans et chrétiens n’est pas possible. Nous avons démontré, et nous croyons, que nous devons au contraire unir nos forces au nom de Dieu pour travailler ensemble pour l’harmonie et l’unité dans un esprit de sincérité et de confiance réciproque. »

Et le cardinal de citer les paroles de Jean-Paul II à Kaduna, au Nigeria, le 14 février 1982 : « Le christianisme et l’islam ont beaucoup de choses en commun : le privilège de la prière, le devoir de la justice accompagné de la compassion et de l’aumône, et surtout un respect sacré pour la dignité de l’homme (…) y compris le droit à la vie de l’enfant à naître. »

(Source : Zenit.org)

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10 août 2016

A L'AUDIENCE, LE PAPE ENCOURAGE LE DIALOGUE INTERRELIGIEUX

Rencontres avec divers groupes de jeunes

Audience générale du 10 août 2016

 

Comme chaque mercredi, au terme de l’audience générale du 10 août 2016, le pape François a rencontré divers groupes, en particulier des jeunes, réunis sous le signe du dialogue interreligieux.

Selon L’Osservatore Romano, le pape a encouragé quelque 120 jeunes chrétiens, juifs et musulmans qui ont fait l’expérience de la cohabitation, à l’occasion des camps internationaux promus chaque été par l’œuvre Giorgio La Pira, près de Florence en Italie. A l’instar de Giorgio La Pira (1904-1977), chrétien très impliqué en faveur de la paix, qui fut maire de Florence, le pape les a invités à s’engager en politique.

Parmi ces jeunes : des juifs du Centre Peres pour la paix, des chrétiens palestiniens, des musulmans italiens, avec le président de l’Union des communautés islamiques d’Italie Izzedin Elzir, des catholiques et orthodoxes de Saint-Pétersbourg (Russie), des Angolais, des Congolais et des Marocains.

Le pape a aussi accueilli une quarantaine de jeunes pèlerins de Persiceto, dont les bagages ont été volés alors qu’ils parcouraient la Via Francigena, a indiqué le journal du Vatican. Le pape a demandé à la Gendarmerie vaticane d’assurer aux pèlerins tout le soutien nécessaire pour qu’ils puissent rentrer chez eux.

Par ailleurs, le cycliste hongrois József Zelei a salué le pape François, lui remettant un don des catholiques de son pays. Le sportif venait de faire le trajet Budapest-Rome en vélo, pour célébrer les 1700 ans de la naissance de saint Martin de Tours.

Enfin, le pape a brièvement rencontré le président de la Guinée équatoriale, Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, qui accompagnait un groupe de pèlerins.

(Source : Zenit.org)

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04 août 2016

CULTIVONS L'ESPRIT DE PAIX ET DE RESISTANCE

Tribune signée par Chretiens de la Méditerranée

 

Après Saint-Étienne-du-Rouvray, unis dans la diversité face à l’adversité

 

 L’attentat terroriste survenu dans l’église de Saint-Etienne-du-Rouvray a profondément choqué les rédactions du site Saphirnews.com et du magazine Salamnews, médias spécialisés sur le fait musulman qui agissent depuis des années en faveur du dialogue interreligieux et du dialogue interculturel en valorisant les actions initiées par des mouvements de toutes les confessions. Des acteurs de l’interreligieux signent aujourd’hui cette tribune lancée par les deux médias, et publiée dans La Croix, afin de marteler la nécessité de faire face à l’adversité en poursuivant les initiatives qui concourent à la paix

Après Nice, c’est à Saint-Étienne-du-Rouvray que l’ignominie du terrorisme s’est déversée. L’attentat perpétré contre une des églises de la commune normande a provoqué la perte du père Jacques Hamel, 85 ans, décrit comme un homme de Dieu, humble et simple. 


Comment rester impassible face à l’horreur qui s’est abattue dans un lieu de culte sur des hommes et des femmes de foi qui priaient simplement Dieu ? 


Nos pensées premières vont aux familles des victimes à qui nous adressons, pour les uns, nos sincères condoléances et, pour les autres, de prompts rétablissements. 

Il ne peut être question de s’habituer à l’horreur et à la barbarie, ici ou ailleurs, partout dans le monde. Quand un être humain est assassiné, c’est toute l’humanité qui est meurtrie. Revendiquons l’amour et la fraternité, quand Daesh et ses alliés objectifs revendiquent la haine et la mort. Cultivons l’esprit de paix mais aussi l’esprit de résistance pour faire vivre les idéaux de justice. 

Notre responsabilité est commune. Nous devons faire front commun contre ceux qui pratiquent le culte de la haine comme ceux qui sont passés maîtres dans la récupération politique des tragédies. Les extrémistes identitaires ne sont jamais à bout de souffle pour désigner des boucs émissaires aux malheurs qui frappent le pays et faire porter une responsabilité collective à des actes dont seuls les auteurs sont coupables. Diviser le corps social, c’est participer à la stratégie mortifère de Daesh. 

Nous, évêques, prêtres, imams, rabbins, pasteurs et autres responsables religieux, directeurs d’institutions, enseignants, éducateurs, leaders associatifs, journalistes et intellectuels qui agissons au quotidien en faveur du dialogue interreligieux et du dialogue interculturel, ne voulons pas voir les années de travail, d’écoute et de sensibilisation pour le vivre- et le faire-ensemble être sapées en quelques instants. 

Nous, qui cultivons l’unité par-delà les différences convictionnelles, refusons de céder du terrain. Nous continuerons à construire des ponts là où nos ennemis veulent les détruire pour bâtir des murs. 

Ensemble, avec toute la société civile, il nous faut continuer à œuvrer avec la même constance et avec toujours plus de force pour faire reculer l’intolérance et l’exclusion. 

Ensemble, nous sommes plus forts. 

Ensemble, agissons pour le bien de l’humanité.
 


#NousSommesUnis 

Pour signer l’appel

 

 

Trente premiers signataires

 

 

Hanan Ben Rhouma, rédactrice en chef de Saphirnews.com 
Huê Trinh Nguyên, rédactrice en chef de Salamnews 

Mgr Michel Dubost, évêque d’Évry-Corbeil-Essonnes, président du Conseil pour les relations interreligieuses et les nouveaux courants religieux et membre du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux 

P. Vincent Feroldi, directeur du Service national pour les relations avec les musulmans (SNRM) de l’Église catholique en France 

Anouar Kbibech, président du Conseil français du culte musulman (CFCM) 

Dalil Boubakeur, recteur de la Grande Mosquée de Paris 

Métropolite Emmanuel, de France, président de l’Assemblée des évêques orthodoxes de France (AEOF) 

Mohammed Karabila, président du Conseil régional du culte musulman (CRCM) Haute-Normandie, président de la mosquée de Saint-Etienne-du-Rouvray 

Otmane Aïssaoui, coprésident du Rassemblement des imams d’Alpes-Maritimes (RIAM) et président de l’Union des musulmans des Alpes-Maritimes, recteur de la mosquée Ar-Rahma de Nice 
Boubekeur Bekri, coprésident du Rassemblement des imams d’Alpes-Maritimes (RIAM) et vice-président du Conseil régional du culte musulman(CRCM) PACA, recteur de la mosquée Al-Forqane à Nice 

Ghaleb Bencheikh, président de la Conférence mondiale des religions pour la paix 

Samuel Grzybowski, fondateur de Coexister, président de Coexister Europe 

Radia Bakkouch, présidente de Coexister 

Ahmed Jaballah, président du Conseil théologique musulman de France, doyen de l’Institut européen des sciences humaines (IESH) de Paris 

Fr. Emmanuel Pisani, directeur de l’Institut de sciences et de théologie des religions (ISTR) de l’Institut catholique de Paris 

Tareq Oubrou, recteur de la mosquée de Bordeaux 

Sr Colette Hamza, Institut catholique de la Méditerranée (Marseille), assistante au SNRM 
Abdessalem Souiki, imam à Marseille et ses environs, président de La Plume de la vie 

Azzedine Gaci, recteur de la mosquée Othmane (Villeurbanne) 

Haydar Demiryurek, coprésident du Groupe d’amitié islamo-chrétienne (GAIC) 
Valérie Landolfini, secrétaire générale du Groupe d’amitié islamo-chrétienne (GAIC) 

P. Henri de La Hougue, coprésident du Groupe de recherche islamo-chrétien (GRIC) 
Asma Nouira, coprésidente du Groupe de recherche islamo-chrétien (GRIC) 

Gabriel Hagaï, rabbin orthodoxe, association Tout Est Un (Paris) 

Anne Thöni, ancienne présidente de la commission des relations avec l’islam de la Fédération protestante de France (FPF) 

Djelloul Seddiki, directeur de l’Institut Al-Ghazali de la Grande Mosquée de Paris 

Samia Hathroubi, déléguée Europe de la Foundation for Ethnic Understanding 

Abdelhak Sahli, président des Scouts musulmans de France (SMF) 

P. Jean Courtaudière, délégué de l’Église catholique de Seine-Saint-Denis pour le dialogue avec les musulmans 

Mgr Yves Boivineau, président de Justice et Paix 

Kamel Kabtane, recteur de la Grande Mosquée de Lyon et président de l’Institut français de civilisation musulmane (IFCM) 

Jean-Claude Petit, président de Chrétiens de la Méditerranée, réseau des citoyens acteurs de paix 
Gilles Jourdain, secrétaire général de Chrétiens de la Méditerranée

(Source : Chrétiens de la Méditerrannée)

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03 août 2016

COMMUNIQUE DE GHALEB BENCHEIKH, PRESIDENT DE RELIGIONS POUR LA PAIX - FRANCE

 

 Saint-Etienne du Rouvray – mardi 26 juillet 2016

 

 

L’abjection est à son comble avec l’attentat de ce matin à Saint-Etienne du Rouvray.

Le cauchemar continue et la barbarie atteint son acmé.

 

Tout d’abord, nos pensées vont dans le recueillement et la prière à la mémoire des victimes et à toutes celles tombées innocemment fauchées par le terrorisme ignominieux. Et notre compassion est pour ceux et celles qui luttent pour la vie dans les hôpitaux français.

 

Ensuite notre solidarité avec l’Église catholique est totale et par-delà avec toute la frange chrétienne de notre nation. Le père Jacques Hamel incarnait l’enseignement du Christ et les valeurs de l’Évangile, celles de l’amour et de la bonté. Nos condoléances les plus attristées vont à sa famille et à ses proches.

 

Enfin quelles que soient les manœuvres et visées des fous furieux assassins égorgeurs et tueurs pour fracturer la nation, elles n’aboutiront jamais. Elles ne réussiront pas dès lors que notre détermination à faire corps homogène dans notre communauté nationale, d’un destin commun, est absolue.

 

Les tragédies se succèdent les unes après les autres et le terrorisme islamiste abject ne nous laisse aucun répit, mais nous n’abdiquerons jamais. Ces assassinats ignobles n’entameront en rien notre résistance et notre déclaration d’insoumission proclamée pour toujours devant l’extrémisme religieux d’essence islamique.

Non seulement nous le condamnons – comme à chaque fois – avec la dernière énergie et le fustigeons avec force, mais nous adjurons l’ensemble des musulmans en France et de par le monde à l’endiguer, chacun à son niveau, par tous moyens et procédés empreints de l'intelligence hybride du coeur et de l'esprit. Ils doivent d’ores et déjà commencer par exprimer leur désapprobation et leur dégoût par des manifestations massives. Au-delà des indignations de circonstances, c’est à une lame de fond que nous nous attendons, à la mesure de notre éveil de conscience et en proportion de notre douleur de voir les valeurs de fraternité et de miséricorde bafouées et avilies.

 

Nous sortirons de cette terrible épreuve en gardant la lucidité et la froideur d’esprit. Et notre nation unie, maintenant plus que jamais, finira par triompher. Elle sera plus forte, plus solidaire et plus fraternelle.

(Source : Chrétiens de la Méditerrannée)

 

 

 

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02 août 2016

PAPE FRANCOIS : "NE PAS IDENTIFIER ISLAM ET TERRORISME"

Entretien avec la presse sur le vol Cracovie-Rome 

Rencontre avec la presse, vol Cracovie-Rome, 31 juillet 2016, capture TV2000

 

Il ne faudrait pas identifier islam et terrorisme: le pape François dénonce des causes profondes du terrorisme, dans son entretien avec la presse, sur le vol du retour Cracovie-Rome, dimanche 31 juillet 2016, notamment le manque de transmission de valeurs aux jeunes en Europe ou le terrorisme du « dieu argent », mais aussi le « terrorisme tribal en Afrique » et les assassinats en milieu catholique.

A Cracovie, samedi, 30 juillet, le pape a prié Dieu d’éloigner la violence et le terrorisme, et il a invoqué la paix, en l’église Saint-François où sont vénérées les reliques de deux martyrs franciscains polonais Zbigniew Strzałkowski et Michał Tomaszek, prêtres, victimes de la violence des miliciens du « Sentier lumineux » en 1995 au Pérou.

Et, dans l’avion, interrogé sur l’assassinat du père Jacques Hamel à Saint-Etienne-du-Rouvray (France), le 26 juillet, par deux jeunes se réclamant de Daech, le pape a refusé « d’identifier l’islam avec la violence ».

Il s’en est expliqué: « Je n’aime pas parler de violence musulmane, parce qu’en feuilletant les journaux je vois tous les jours des violences, ici, en Italie : celui qui tue sa fiancée, un autre qui tue sa belle-mère … Et ce sont des catholiques baptisés ! Ce sont des catholiques violents. Si je parlais de violence musulmane, je devrais parler de violence catholique. Tous les musulmans ne sont pas violents. (…) Il y a de tout. Il y a des violents de ces religions. »

« Une chose est vraie, ajouté le pape, dans cet échange improvisé, je crois que dans presque toutes les religions, il y a toujours un petit groupe fondamentaliste. Fondamentaliste. Nous, nous en avons. Et quand le fondamentaliste en arrive à tuer – mais on peut tuer avec la langue, et cela c’est l’apôtre Jacques qui le dit, pas moi, et avec un couteau -, je crois que ce ne soit pas juste d’ identifier l’islam avec la violence. Ce n’est pas juste et ce n’est pas vrai. »

Le pape a évoqué son dialogue avec l’imam de l’université égyptienne de Al-Azhar qui est venu en visite au Vatican le 23 mai, et qui s’est rendu à Paris le lendemain pour déposer des fleurs et prier sur le lieu de l’attentat du 13 novembre 2015, devant le Bataclan : « Je sais ce qu’ils pensent, a confié le pape : ils cherchent la paix, la rencontre. »

Le pape a cité deux exemples, le premier, le récit d’un nonce : « Le nonce d’un pays africain me disait que dans la capitale où il est, il y a toujours une file de gens – c’est toujours plein – à la Porte sainte pour le Jubilé et certains viennent dans les confessionnaux, d’autres prient sur les bancs. Mais la majorité avance jusqu’à l’autel de la Vierge Marie pour prier. Ce sont des musulmans qui veulent faire le Jubilé : ce sont des frères. »

Le second exemple du pape est tiré de sa propre expérience : « Quand je suis allé en Centrafrique, je suis allé auprès d’eux. Et l’imam est même monté dans la papamobile. On peut vivre ensemble, bien. Mais il y a des petits groupes fondamentalistes. »

Puis le pape a posé une question de fond, dénonçant l’absence de transmission de valeurs aux jeunes en Europe: « Je me demande aussi : combien de jeunes – combien de jeunes ! – nous, Européens, nous avons laissés vides d’idéaux, qui n’ont pas de travail, et se tournent vers la drogue, vers l’alcool, et vont là-bas et s’engagent dans des groupes fondamentalistes. »

Daech fait partie de ces groupes fondamentalistes dont la violence est la « carte d’identité » ajoute le pape: « Oui, on peut dire que le soi-disant Isis est un Etat islamique qui se présente comme violent, parce que quand il nous fait voir sa carte d’identité, il nous fait voir, comme sur les côtes de Libye, comment ils ont égorgé des Egyptiens ou d’autres. Mais c’est un petit groupe fondamentaliste, qui s’appelle Isis. On ne peut pas dire, je crois que ce n’est ni juste ni vrai, que l’islam soit terroriste. »

Le terrorisme, déplore le pape « est partout » : « Pensez au terrorisme tribal de certains pays africains… »

Il dénonce aussi un autre terrorisme, celui du « dieu argent »: « Le terrorisme – je ne sais pas s’il faut le dire, parce que c’est un peu dangereux – grandit quand il n’y a pas d’autre option. Quand au centre de l’économie mondiale il y a le dieu argent et non la personne – l’homme et la femme – : c’est déjà le premier terrorisme. Tu as chassé la merveille de la Création, l’homme et la femme, et tu as placé là l’argent. Voilà le terrorisme de base, contre toute l’humanité. Réfléchissons-y. »

(Source : Zenit.org)

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29 juillet 2016

MESSAGE DE CONDOLEANCES D'UN AMI MAROCAIN MUSULMAN

Bonjour cher frère

Vraiment, je n’ai pas trouvé de mots permettant de refléter exactement ce que je ressens à l’intérieur de moi-même en apprenant qu’un prêtre a été tué par un terroriste.

Je condamne cet acte barbare et je t’exprime mon sentiment de fraternité et de solidarité en ce moment difficile pour toi, pour la communauté catholique et pour nous tous, musulmans et tout être humain conscient des valeurs de l’humanité.

Je suis très blessé du fait que la victime est un innocent et surtout un homme qui incite les Français à faire du bien.

Je suis également bouleversé du fait que le criminel n’ait même pas respecté la maison du Dieu, alors que le prêtre était en train de faire sa prière ou en train de communiquer avec le Créateur.

J’implore le bon Dieu d’avoir l’âme de ce prêtre en sa sainte miséricorde. Amine ! Une chose est sûre :NOTRE FRÈRE IRA DIRECTEMENT AU PARADIS.

Toutes mes condoléances à sa famille et ses proches, à tous les catholiques du monde entier et à tous les Français.

(Source : GRIC - Groupe de Recherches Islamo-Chrétien (voir lien en marge de droite))

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